La police appelle à l’aide

 

La police judiciaire dresse un bilan fort préoccupant de la situation qui est la sienne. « Des effectifs insuffisants, une charge de travail insoutenable, un moral en berne, une qualité de service en dégradation constante, un modèle de police à bout de souffle », voici ce qu’on peut lire sur le site du syndicat. Ce n’est guère une surprise. Il y a bien longtemps que le monde politique organise la police sans la consulter. Jamais les décideurs n’ont jugé utile de prêter la moindre attention aux propositions émanant des professionnels du terrain pourtant les mieux à même de répondre aux problèmes auxquels ils sont confrontés.

Jusqu’ici, les policiers ont fait de leur mieux pour mener quand même leur mission à bien mais l’exercice a atteint ses limites. Les effectifs insuffisants, la multiplication des heures supplémentaires, les rappels en congé, la confrontation quotidienne à la violence finissent par décourager les meilleures volontés. La police est en train de s’effondrer. Nous en subirons tous les conséquences. Il n’y a rien qui se dresse entre le crime et nous si ce n’est ces hommes et ces femmes qui prennent chaque jour des risques pour nous protéger. Nous devons être à leur écoute et leur octroyer les moyens d’effectuer leur travail dans les meilleures conditions. Nous leur avons confié une mission tout en les entravant dans son accomplissement. Les policiers ne sont plus d’accord. Ils ont raison.

Et pendant ce temps, la Tribune nous apprend que le nombre de cas de brigandages chez des particuliers n’avait jamais été aussi important depuis quatre ans.

La police appelle à l'aide - Lionel Dugerdil